Comment les chefs d’Etats européens cherchent à enterrer la directive « congé maternité » 20/05/15

COMMUNIQUE I en prévision du vote d'une résolution pour maintenir la directvie congé maternité à l'agenda européen 

Depuis plus de 4 ans le Conseil bloque un texte adopté par la Parlement européen en 2010 portant sur une amélioration du congé de maternité[1] au sein de l’Union européenne. Face à l’inertie des ministres, la Commission européenne a annoncé en début d’année que si aucun accord n’était trouvé sous six mois, ce texte serait tout bonnement abandonné.

Depuis, les chefs d’États n’ont pas réagi pratiquant la politique de l’autruche malgré les multiples interpellations des féministes d’Europe et des écologistes.

Alors que l'échéance fixée par la Commission européenne en juin prochain approche, la Commission Droits des femmes du Parlement européen votera une nouvelle résolution sur le sujet mercredi 20 mai en session plénière à Strasbourg pour réaffirmer la nécessité de laisser la directive congé maternité sur la table des négociations

 

Selon Karima Delli, membre de la Commission Droits des femmes du Parlement européen :

 

« Depuis la menace par la Commission européenne d’abandonner ce texte, les députés européens n'ont de cesse de sommer le Conseil et la Commission européenne de reprendre les négociations en adoptant des résolutions, en se joignant à des actions de féministes ou en alertant les médias nationaux. En défendant cette directive primordiale pour sur la protection des Européennes et des Européens, le Parlement européen assume pleinement son rôle de co-législateur et de représentants des citoyen-nes européen-nes.

En juillet dernier, j'ai moi-même écrit au Président de la République française afin qu’il précise la position défendue par la France sur ce dossier face à certains dirigeants que l’on sait ouvertement opposés comme la Pologne ou le Royaume-Uni. Près d’un an après, la question posée reste sans réponse et le silence des Etats semble clairement traduire le peu d’intérêt qu’ils portent à la question du droit des femmes.

Certains gouvernements font valoir des considérations économiques pour expliquer qu'une telle directive est trop coûteuse pour être mise en place. Il s'agit de l'argumentaire classique employé par les lobbies économiques pour contrer la moindre avancée vers une Europe plus juste et plus sociale. Mais en réalité cela permet surtout aux gouvernements de cacher leurs positions réactionnaires derrière un paravent budgétaire. D’autres avancent l’argument fallacieux selon lequel allonger le congé de maternité serait un frein supplémentaire d’accès à l’emploi pour les femmes ! Autrement dit, le congé de maternité serait en soi une régression pour les femmes. Qui pourrait le croire ?

 

Aujourd’hui, c’est clairement le manque de volonté politique qui fait défaut aux droits des femmes déjà bien malmenés en termes d’égalité salariale et de représentation dans les conseils d’administration.

Les intérêts économiques ne doivent en aucun cas primer sur la protection des citoyen-nes européen-nes. Il est de notre responsabilité à toutes et tous de maintenir la pression et d'élever notre voix pour dire à la Commission européenne et surtout aux États récalcitrants qu'il n'y a pas d'autre option que de débloquer la situation et reprendre les négociations avec le Parlement. »

 

 

[1] Pour rappel, ce texte prévoit notamment l'allongement de la durée minimum du congé maternité à 20 semaines rémunéré à taux plein, y compris pour les mères adoptives, l'instauration d'un congé paternité de deux semaines minimum ainsi qu'une meilleure protection des travailleuses enceintes ou qui ont récemment accouché

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