Lettre à ma génération 21 avril & sa petite soeur du 23 03/05/17

Il y a 15 ans, notre premier vote à la présidentielle a tourné au bizutage. Nous avons vécu l’élimination de la gauche au premier tour, au profit du père Le Pen. Nous avons manifesté, hurlé « plus jamais ça ».

15 ans après, le cauchemar est de retour. Nous aurions espéré être la seule génération à le vivre. Nous avons hélas une petite sœur, la génération 23 avril.

Il ne s’agit pas pour moi de vilipender celles et ceux qui en ont marre. Pour nous, la crise politique n’a rien d’une crise : c’est un truc du quotidien, au même titre que le chômage, le changement climatique et la pollution, le SIDA ou le terrorisme. Vouloir tout foutre en l’air à un moment, c’est un réflexe que chacun pourrait comprendre, quand on a vécu toute sa vie sous pression.

Sauf que la situation a changé, cette fois.

On peut penser ce qu’on veut de Jean-Luc Mélenchon, mais il a prouvé une chose essentielle : on peut désormais aller chercher des électeurs potentiellement frontistes voire des abstentionnistes, et les ramener dans le giron du progrès social, démocratique et écologiste.

On peut penser ce qu’on veut d’Emmanuel Macron, mais il a lui aussi prouvé qu’on pouvait bousculer les vieux partis fossilisés, qui pensaient se partager le gâteau pendant encore des décennies.

Le Pen, elle, n’a pas changé. Elle reste raciste, autoritaire et antidémocrate.

Sans ces trois réalités, le vote Macron aurait pu être vu comme un réflexe, un pur geste d’obéissance au système. Mais il n’en est rien, heureusement.

La mobilisation citoyenne pour la COP21, Nuit Debout, puis l’afflux massif chez En Marche comme chez France Insoumise de gens qui s'étaient détournés de la politique, tout cela a montré en un an et demi que les choses bougent. Nous sommes en train de reprendre les rênes de notre destin, nous retrouvons la passion de l’avenir.

Laisser Le Pen être élue dans quelques jours, ce serait porter un coup fatal à ce mouvement de fond. Maintenant qu’il est enclenché, à nous de le mener à son objectif : faire entrer la France dans le XXIème siècle, enfin.

 

Au second tour, je n’irai donc pas voter contre Le Pen. Ce serait lui faire le même cadeau qu’à son père : en faire la « victime » du système.

 

Son programme n’est pas le mien, mais j’irai voter pour Emmanuel Macron sans hésiter, parce que la démocratie est le moyen de poursuivre ce que nous venons enfin d’entamer : la construction d'une société pleinement écologiste. 

 

J’espère de tout cœur que la Génération 21 avril et sa petite sœur du 23 en feront de même dimanche prochain. Et que nous reprendrons notre combat dès le mois suivant en faisant de l’Assemblée nationale une chambre qui nous ressemble: rajeunie, féminisée, écologiste, métissée et socialement diverse.

 

Notre liberté est à ce prix.

 

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