LES ECHOS > Karima Delli : « Je partage la vision du gouvernement : donner la priorité aux transports du quotidien »  21/09/17

PRESSE I Interview aux Echos parue le 18 septembre 2017 à la veille du lancement des Assises de la mobilité. Par Jean-Michel Gradt

A la veille des Assises de la mobilité, Karima Delli, euro-députée écologiste (groupe Verts-ALE) et présidente de la Commission Transports et Tourisme du Parlement européen, nous livre ses attentes pour la France.

 

En quoi la révolution numérique peut-elle transformer les habitudes de déplacements ?

Co-voiturage, VTC (voiture de transport avec chauffeur), vélos en libre service, billet unique ou encore drones... le numérique est partout et bouleverse nos modes de déplacements. Avec cette révolution numérique, l'usager devient un acteur de la mobilité : il n'est plus enfermé dans un mode de transport mais peut zapper d'un transport à l'autre, d'un simple clic via son smartphone. 

Dès lors, tout l'enjeu pour le législateur, consiste à organiser cette multi-modalité afin qu'elle réponde au mieux aux besoins des citoyens.  Cette nouvelle économie doit être l'opportunité de répondre à un double défi. 

Tout d'abord, la question environnementale et sanitaire : dans le respect  des engagements pris lors de la COP21 , les transports doivent réduire drastiquement leurs émissions de CO2 et de gaz polluants. Ensuite, il faut penser « mobilité pour tous », c'est-à-dire, trouver des solutions pour en finir avec cette fracture qui laisse de côté 8 millions de Français, privés de moyens de transports, et qu'on appelle les « précaires de la mobilité ».

Enfin, le législateur doit rester vigilant car cette révolution ne doit en aucun cas être synonyme de casse sociale et venir justifier une dégradation des conditions de travail, comme on peut l'observer avec les exemples  d'Uber ou  de Deliveroo . Le culte de la rapidité et de l'efficacité ne doit pas se faire au détriment des personnes qui travaillent dans ce secteur.

La ministre des Transports, Elisabeth Borne a annoncé une « pause » en matière de grands projets d'infrastructures, partagez-vous cette décision ?

Globalement, je partage la vision du gouvernement qui entend donner la priorité aux « transports du quotidien ». De même, on ne peut qu'être d'accord avec la ministre des Transports lorsqu'elle déclare qu'on ne peut plus « poursuivre les promesses non financées » ou quand elle évoque la taxation des poids lourds. 

De fait, depuis des années, les gouvernements successifs se sont enfermés dans une logique de projets pharaoniques, souvent sans concertation et au détriment du réseau existant qu'on laisse se détériorer. Cela fait des années que les écologistes le disent : nous ne pouvons plus nous permettre d'investir dans ces « grands projets inutiles et infinançables » qui sont à la fois destructeurs pour l'environnement et nos finances (notamment pour les collectivités locales qui sont déjà asséchées par les baisses de dotation). 

Quels sont les projets auxquels il faudrait renoncer en priorité? 

Je pense bien sûr à Notre-Dame des Landes, au Canal Seine-Nord ou au Lyon-Turin. Mais aussi à tous les projets de nouvelles autoroutes qui rassemblent des milliers d'opposants sur les territoires. 

Selon moi, les Assises de la mobilité doivent être l'occasion d'avoir ce débat sur les priorités pour, je l'espère, inverser la tendance et réorienter les financements vers des projets plus durables.

A quelle logique cette refondation de la politique des transports doit-elle répondre ?

Si nous voulons dessiner la politique de transports de demain, nous devons avoir à coeur de le faire en concertation avec les citoyens en pensant création d'emplois, attractivité des territoires et santé publique. Concrètement, nous devons organiser la société post carburants fossiles en investissant dans des modes de transports durables (rail et fluvial en tête) et en anticipant au mieux les avancées technologiques en la matière. 

D'ores et déjà, plusieurs chantiers s'imposent comme prioritaires. Après les annonces de Nicolas Hulot  prévoyant la fin de la production de véhicules diesel et essence pour 2040, nous devons lancer un grand plan de reconversion de notre flotte sur la base d'un mix énergétique équilibré entre électrique, gaz et hydrogène. Nous devons penser cette filière industrielle de façon globale, sans oublier le transport de marchandises, les transports en commun, ou encore le vélo. 

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/030577987585-karima-delli-karima-delli-je-partage-la-vision-du-gouvernement-donner-la-priorite-aux-transports-du-quotidien-2115129.php

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