1000 vaches : Non au gigantisme des fermes-usines 11/09/16

ARTICLE I A l'occasion de la 3ème fête anti 1000 vaches le 11 septembre 2016

La ferme des 1000 vaches est devenue  le symbole d’une agriculture productiviste, polluante, détachée des territoires et méprisant ses voisins. D’autres unités de production hors-sol, des usines à viande, voient le jour dans d’autres régions françaises et européennes. Le gigantisme n’a pas de limite. Au Vietnam une ferme de 100 000 vaches est sortie de terre en moins de 18 mois. La Chine est également attiré par ces usines laitières.

Notre pays compte aujourd’hui, environ 3,7 millions de vaches laitières. Si nous adoptons le modèle productiviste, le calcul est des plus simples : nous n’avons besoin que de 37 usines à lait, soit une pour trois départements. Cette option du toujours plus grand, du toujours moins cher à un coût. Que faire des 70 000 exploitations qui restent dans notre pays ? Devons-nous continuer à les étrangler peu à peu comme cela se passe aujourd’hui ? Devons-nous précipiter leur déclin, comme nous l’avons fait avec l’industrie lourde ou l’industrie du textile ? Devons-nous, dans un monde bousculé, importer 50 millions de tonnes d’aliments en particulier du soja OGM, pour nourrir le bétail européen ?  

Ce sont des questions simples et essentielles que nous nous devons nous poser aujourd’hui et auxquelles nous devons répondre.

L’avenir est constitué de mille possibilités et je refuse celle où je n’aurais pour paysage à contempler que des villages désertés, des champs en friches, des mégalopoles et quelques camps de vacances dans des paysages aménagés.

Nous devons préserver notre agriculture familiale car elle seule peut nous permettre de nourrir correctement les cinq cents millions de citoyennes et de citoyens européens avec des produits de qualité. Notre objectif doit être de maintenir une agriculture vivante et dynamique sur l’ensemble de notre territoire. Nous devons arrêter de courir après la conquête de marchés mondiaux qui s’évanouissent comme des mirages. Concentrons-nous sur nos besoins. Les pesticides et les OGM nous n’en voulons pas mais il n'est pas possible de continuer dans la mise en place d’une agriculture à deux vitesses.  Des produits bio, bons et sains pour ceux qui peuvent se les payer ; des aliments de bases sans saveur pour celles et ci qui n’ont pas de boulot ou qui survivent avec des retraites trop basses.  

L’agriculture industrielle contribue également massivement au réchauffement climatique. Elle est responsable d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. L’Accord de Paris nous oblige à trouver des solutions innovantes, enthousiasmantes.

Depuis 2009, j’ai visité de nombreuses fermes où des jeunes et des moins jeunes testent avec bonheur des nouvelles façons de travailler. Ici, c’est le développement des AMAP, là, la mise en place de groupes de paysans qui ont renoncé à planter du maïs pour nourrir leurs vaches avec de l’herbe, comme avant ! Et ça marche. L’agroécologie ouvre des nouveaux espaces de réflexion et nous montre que nous avons encore beaucoup à apprendre, à découvrir. La recherche agricole ne doit plus considérer les paysans comme de simples exécutants mais comme des partenaires.

 

 

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