COURRIER PICARD > Toujours enragés contre les «1000 vaches» 10/09/17

PRESSE I Article paru le 10 septembre 2017 au lendemain de la 4ème fête anti-1000 vaches organisée à Drucat

Plus de 200 personnes ont rejoint ce dimanche la 4e fête anti-1000 vaches à Drucat-le-Plesseil, près d’Abbeville. Dans le cortège, certains voulaient croire dans le début de la fin du modèle de la « ferme usine ».

Plus de six ans de lutte déjà. Et toujours la même envie folle de faire sa fête aux 1000 vaches. Avec fanfare et déguisements, plus de 200 personnes ont participé ce dimanche à la quatrième « fête » de Novissen, l’association locale de lutte contre l’exploitation géante de Drucat-le-Plessiel, près d’Abbeville. Rassemblé sur sa route d’accès, mais à bonne distance «  pour éviter toute confrontation  », le troupeau revendicatif s’est lancé dans une farandole de fausses vaches «  surexploitées et malades  », avant de s’en retourner à son village festif dressé à la salle polyvalente de Drucat.

Plus de six ans de lutte déjà. Et toujours la même envie folle de faire sa fête aux 1000 vaches. Avec fanfare et déguisements, plus de 200 personnes ont participé ce dimanche à la quatrième « fête » de Novissen, l’association locale de lutte contre l’exploitation géante de Drucat-le-Plessiel, près d’Abbeville. Rassemblé sur sa route d’accès, mais à bonne distance «  pour éviter toute confrontation  », le troupeau revendicatif s’est lancé dans une farandole de fausses vaches «  surexploitées et malades  », avant de s’en retourner à son village festif dressé à la salle polyvalente de Drucat.

 

 

«  La ferme est dans l’illégalité depuis deux ans et demi. Elle dépasse les 500 vaches autorisées. C’est un véritable déni de justice  », l’a répété Francis Chastagner, le président de Novissen. Fin juin, le tribunal administratif d’Amiens a pourtant jugé le contraire. Une décision que le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot a décidé de contester auprès de la Cour administrative d’appel de Douai. «  On espère qu’elle va faire payer ce promoteur qui a triché ! », s’est dit confiant le président, prompt du reste à faire un lien entre la ferme «  climaticide  » et les derniers ouragans.

« Pourquoi pas un collectif national Novissen ? »

Au micro, d’autres collectifs ont pu s’exprimer. Dont DeCiCamp, opposée aux « 3000 porcs » de Loueuse (Oise). «  Il nous faut un front uni. Pourquoi pas un collectif national Novissen ?  », a proposé son porte-parole Daniel Pilc, qui s’est dit préoccupé par un autre projet, voisin de Loueuse, avec 170 000 volailles. Bien au-delà des 40 000 poules en plein air projetées à Hailles (Somme).

En dépit d’une multiplication des projets, un certain optimisme dominait parmi les responsables associatifs et politiques, pas loin même de croire au début de la fin des fermes usines, dans le sillage de la lutte fondatrice autour des 1000 vaches. «  Ce n’est plus qu’une question de temps  », estime ainsi la Confédération paysanne, même si la députée européenne écologiste Karima Delli a mis en garde contre l’accord Europe-Canada (CETA), «  qui va renforcer ce genre d’usine  ».

« Même les syndicats agricoles ne la défendent plus »

«  Les consommateurs ne veulent plus de ça. Même les syndicats agricoles ne la défendent plus  », observe la députée de la Somme Barbara Pompili (REM), qui appelle maintenant de ses vœux l’instauration dans les échanges commerciaux agricoles «  de critères sociaux et environnementaux et à faire payer le vrai prix du carbone. C’est un travail énorme, de long terme  ».

«  Oui, quelque part, ça s’appelle du protectionnisme  », rebondit François Ruffin, le nouveau député (FI) de l’Abbevillois, venu plaider une «  démondialisation de l’agriculture  », via «  des mesures plus directes, de taxes aux frontières et de quotas  ». Pour lui aussi, «  l’élevage productiviste est entré dans une crise durable. Une agriculture plus respectueuse est possible. À condition de desserrer l’étau de la compétition. Or, je crains que Macron veuille toujours rendre l’agriculture toujours plus compétitive, dans le sens de l’industrie agroalimentaire  ».

« Il n’y aura pas de deuxième ferme de ce type en France »

«  Nous sommes certains qu’il n’y aura pas de deuxième ferme de ce type en France  », affirme en tout cas Michel Kfoury, le fondateur de Novissen. «  La productivité de ces usines augmente, mais leur rentabilité baisse. Ici, un méthaniseur était prévu. Mais comme j’ai le sentiment qu’il ne va pas se faire, la ferme finira par tomber d’elle-même  ».

Portés par le vent jusqu’à la ferme, les discours d’hostilité ont fait bondir Michel Welter, le directeur du site. Qui s’en tient pour le moment, en effet, à un plan d’épandage, faute de méthaniseur. Quitte à essuyer les critiques de Novissen. «  Pour eux, q uand ça sent mauvais, c’est forcément de notre faute. Même si l’on n’a pas épandu ce jour-là. Quant à la maltraitance, dans l’étable, on n’a pas de mouches. Le lisier est raclé toutes les deux heures », corrige l’exploitant. Qui le rappelle surtout à ses détracteurs, sa ferme déjà promise au déclin, compte toujours bel et bien 860 vaches.

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